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Mis à jour le 27 juin 2026

10 min de lecture · Guide informatif

Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP)

Guide complet : conditions d'éligibilité, calcul de la prime de reclassement, délai des 30 jours, recours, et toutes les questions fréquentes. Sources officielles France Travail et UNÉDIC.

C'est quoi le CSP, concrètement ?

Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) est proposé aux salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises de moins de 1 000 salariés (ou en redressement / liquidation judiciaire, quelle que soit la taille). Il remplace la période de préavis par un parcours d'accompagnement de 12 mois.

Pendant ces 12 mois, le bénéficiaire perçoit une allocation plus avantageuse que l'allocation chômage classique (75 % du salaire journalier brut, contre environ 57 % pour l'ARE). Il bénéficie d'un suivi personnalisé par France Travail, peut accéder à des formations, et peut prétendre à une prime de reclassement en cas de reprise d'emploi rapide.

Le délai pour accepter ou refuser le CSP est de 21 jours calendaires à compter de la remise du document par l'employeur. Une fois signée, l'adhésion est définitive.

Suis-je éligible au CSP ?

Toutes ces conditions doivent être réunies au moment du licenciement.

  • Motif économique uniquement

    Le licenciement doit être pour motif économique. Les licenciements pour faute ou inaptitude n'ouvrent pas droit au CSP.

  • Entreprise de moins de 1 000 salariés

    Le CSP est obligatoirement proposé par les entreprises de moins de 1 000 salariés, et par toutes les entreprises en redressement ou liquidation judiciaire (quelle que soit leur taille).

  • 88 jours travaillés sur les 24 derniers mois

    Avoir travaillé au moins 88 jours (ou 610 heures) sur les 24 derniers mois précédant la fin du contrat. Cette période est portée à 36 mois pour les personnes âgées de 53 ans ou plus.

  • Ne pas être à l'âge de la retraite à taux plein

    Le CSP n'est pas ouvert aux personnes ayant déjà atteint l'âge légal de la retraite à taux plein.

  • Résider en France métropolitaine ou DOM

    Métropole, DOM (hors Mayotte) ou collectivités d'outre-mer listées par la réglementation. Le détail figure dans la convention CSP.

  • Être apte à exercer un emploi

    Être physiquement apte à reprendre un emploi. L'adhésion reste possible en cas d'arrêt maladie ou de congé maternité au moment du licenciement — l'ASP démarre alors à la fin de l'arrêt.

Si ton employeur ne te propose pas le CSP alors qu'il devait le faire, France Travail te le proposera lors de l'examen de tes droits. L'employeur paiera alors une contribution spécifique. Signale toujours cette omission à ton conseiller.

Tes 7 étapes clés, de la proposition à la prime

Le parcours CSP complet, étape par étape.

  1. Réception de la proposition de CSP

    Ton employeur te remet un document écrit lors de l'entretien préalable. À partir de là, tu as 21 jours calendaires pour décider. Lis attentivement la notice d'information (PDF, 6 pages). Si tu hésites, vois ton conseiller France Travail avant de signer.

  2. Acceptation et démarrage

    Si tu acceptes, ton contrat de travail est rompu sans préavis. Le CSP démarre le lendemain de la fin du délai de 21 jours (ou de ton acceptation si tu signes avant). Tu commences à toucher l'ASP.

  3. Le pré-bilan (PBI)

    Entretien obligatoire au démarrage du CSP. Tu fais le point sur ton parcours, tu définis ton projet professionnel, tu planifies les actions d'accompagnement.

  4. Recherche et formation

    Tu es accompagné pendant 12 mois maximum. Tu peux suivre des formations, faire des immersions, prospecter activement.

  5. Reprise d'emploi

    Pour ouvrir droit à la prime de reclassement, la reprise doit avoir lieu avant la fin du 10ème mois de CSP, en CDI, CDD d'au moins 6 mois, ou contrat de travail temporaire d'au moins 6 mois.

  6. Demande de prime — le moment critique

    Tu as 30 jours calendaires à partir du lendemain de ton premier jour travaillé pour déposer ta demande. Mets une alerte dans ton agenda dès le jour de la reprise.

  7. Second versement

    3 mois après la reprise, tu transmets ton bulletin de salaire du 3ème mois à France Travail pour déclencher le second versement.

Ancienneté : moins ou plus d'un an

L'ancienneté dans l'entreprise au moment du licenciement change la mécanique du CSP. C'est une distinction trop souvent ignorée.

Critère
< 1 an d'ancienneté
≥ 1 an d'ancienneté
Montant de l'ASP
Calculée selon les règles de l'ARE (≈ 57 % du salaire journalier brut)
75 % du salaire journalier brut (- 3 % de prélèvement retraite complémentaire)
Durée de l'ASP
Calculée selon les règles de l'ARE (variable selon affiliation)
12 mois maximum
Préavis
Versé intégralement au salarié
Les 3 premiers mois sont versés à France Travail (financement du CSP). Le solde éventuel revient au salarié.
Prime de reclassement
Non éligible
Possible si reprise d'un CDI / CDD / intérim de ≥ 6 mois avant la fin du 10ème mois de CSP

Source : Convention CSP UNÉDIC du 26 janvier 2015.

La prime de reclassement — tout ce qu'il faut savoir

Conditions, délai, montant, documents — les 4 points clés.

Prime de reclassement ou IDR : laquelle choisir ?

Les deux aides ne sont pas cumulables pour un même emploi. Voici comment choisir.

Prime de reclassement

Versement unique en deux fois. Idéale si ton nouveau salaire est au moins équivalent à l'ancien.

  • Montant 50 % des droits restants à l'ASP
  • Versement En 2 fois : à la demande, puis 3 mois après reprise
  • Délai demande 30 jours après le premier jour travaillé
  • Condition Nouveau salaire supérieur ou égal à l'ancien (pas d'obligation, mais avantageuse dans ce cas)
  • Durée Ponctuelle — pas de versement mensuel
IDR — Indemnité Différentielle de Reclassement

Mensualités compensatoires. Utile si ton nouveau salaire est inférieur à l'ancien.

  • Montant Différence entre ancien et nouveau salaire, plafonné à 50 % des droits restants à l'ASP répartis sur la durée
  • Versement Mensuel pendant 12 mois maximum
  • Délai demande À déposer dès la reprise — vérifie le délai applicable avec ton conseiller
  • Condition Nouveau salaire brut inférieur au salaire brut de référence CSP
  • Durée Jusqu'à 12 mois ou épuisement des droits

Comment choisir ?

Nouveau salaire ≥ ancien

La prime de reclassement est généralement la plus intéressante. Versement en deux fois, sans condition de durée minimum de maintien dans le poste.

Nouveau salaire < ancien

L'IDR peut être plus avantageuse sur 12 mois si la baisse de salaire est significative, à condition de rester en poste sur la durée. Si le maintien dans le poste est incertain, la prime de reclassement peut s'avérer plus sûre.

Dans tous les cas

Demander à son conseiller France Travail un chiffrage des deux options avant tout choix. Pour les situations particulières (rémunération variable, temps partiel, commissions), l'avis d'un avocat en droit social est recommandé. Les deux aides ne sont jamais cumulables pour un même emploi.

Source : Convention CSP UNÉDIC du 26 janvier 2015

Le second versement de la prime : ce qu'il faut savoir

La prime se verse en deux fois. Le second versement est moins connu — et moins automatique.

1er
Premier versement

À la demande, dès validation du dossier par France Travail. Tu déposes dans les 30 jours après reprise.

2e
Second versement

3 mois après la reprise effective, sur présentation du bulletin de salaire du 3ème mois.

Que se passe-t-il si je romps ma période d'essai avant le second versement ?

Si c'est toi qui romps la période d'essai (démission de fait) ou si l'employeur la rompt, le second versement est en principe perdu — il est conditionné à la poursuite effective de l'emploi au bout de 3 mois.

En revanche, si le CDI ou CDD s'interrompt pour une raison indépendante de ta volonté avant les 3 mois, tu peux potentiellement réintégrer le CSP pour la durée restante. Contacte immédiatement ton conseiller France Travail — les délais de réintégration sont courts.

Cas particulier ? Consulte un avocat en droit social.

Et si je suis en arrêt maladie entre les deux versements ?

Un arrêt maladie pendant le CSP peut prolonger la durée de celui-ci jusqu'à 4 mois maximum. Le délai des 3 mois pour le second versement peut être impacté selon la durée de l'arrêt et si tu as repris l'emploi avant ou après.

Si l'arrêt survient après la reprise d'emploi (donc après le premier versement), ton contrat est toujours en cours — le second versement reste dû sur présentation du bulletin du 3ème mois de présence effective.

Les règles varient selon le moment de l'arrêt. Vérifie ta situation avec ton conseiller.

Que se passe-t-il si je suis licencié par mon nouvel employeur avant 3 mois ?

Si le licenciement intervient avant le 3ème mois, le second versement est perdu — la condition de présentation du bulletin de salaire du 3ème mois ne peut pas être remplie.

Selon les circonstances, tu peux potentiellement réintégrer le CSP pour la durée restante si la rupture intervient pendant la période d'essai d'un CDI, CDD ou CTT de 6 mois ou plus. Le délai pour demander cette réintégration est très court — contacte France Travail immédiatement, sans attendre.

Je démissionne entre les deux versements — je perds quoi exactement ?

Une démission entre le premier et le second versement te fait perdre le second versement uniquement — le premier versement déjà perçu reste acquis.

Attention : si tu démissionnes d'un CDI, tu perds également tes droits à l'ARE (allocation chômage classique) sauf cas de démission légitime reconnus par France Travail.

Avant toute décision, prends conseil — la situation peut être complexe selon ton historique de droits.

Comment déposer concrètement la demande du second versement ?

À J+90 après ta reprise (soit le jour anniversaire des 3 mois), contacte ton conseiller France Travail pour lui transmettre le bulletin de salaire du 3ème mois. Pas besoin de nouveau formulaire — le dossier initial sert de base.

Garde une trace écrite (mail ou courrier) de ta demande et de la date d'envoi. Conserve une copie du bulletin et de l'accusé de réception.

Tes obligations pendant les 12 mois

Le CSP est un contrat : en échange d'une allocation et d'un accompagnement renforcé, le bénéficiaire s'engage. Le non-respect peut entraîner une exclusion.

Engagements à respecter

  • Se présenter à l'entretien de pré-bilan dans les 8 jours suivant l'adhésion
  • Élaborer et exécuter le Plan de Sécurisation Professionnelle (PSP)
  • Rechercher activement un emploi
  • Répondre à toutes les convocations de France Travail
  • Accepter les offres d'emploi raisonnables et conformes au PSP
  • S'actualiser tous les mois sur francetravail.fr
  • Ne pas faire de fausses déclarations sur sa situation

Sanctions en cas de manquement

Refus de 2 offres raisonnables d'emploi
Exclusion définitive du CSP, basculement éventuel sur l'ARE selon les droits restants
Refus d'action de reclassement ou de formation prévue au PSP
Exclusion possible du CSP après mise en demeure restée sans suite
Fausses déclarations (situation, recherche d'emploi, activité)
Exclusion immédiate + remboursement des allocations perçues + sanctions pénales possibles
Absence d'actualisation mensuelle
Suspension de l'ASP. Reprise possible après régularisation.

Que se passe-t-il à la fin du CSP ?

Le CSP a une durée de 12 mois. Voici ce qui peut se passer ensuite selon ta situation.

Tu n'as pas retrouvé d'emploi à la fin du CSP

Tu bascules automatiquement vers l'ARE (Aide au Retour à l'Emploi). Important : les jours d'ASP déjà consommés sont déduits de la durée d'indemnisation à l'ARE. Tu touches donc une durée d'ARE réduite, équivalente à ce qui te resterait si tu avais touché l'ARE depuis le début.

Tu as repris un contrat court (< 6 mois) pendant le CSP

Les périodes travaillées prolongent la durée du CSP, dans la limite de 6 mois cumulés (186 jours). Au-delà, le CSP prend fin et tu bascules vers l'ARE. Attention : les contrats de moins de 3 jours ne sont pas autorisés pendant le CSP.

Tu as repris un CDI ou un contrat ≥ 6 mois pendant le CSP

Si la reprise intervient avant la fin du 10ème mois, tu peux prétendre à la prime de reclassement (sous conditions). Le CSP prend fin à la date de reprise. Voir la section dédiée pour le calcul, le délai et les démarches.

Tu as été exclu du CSP (manquement aux obligations)

Selon le motif et tes droits restants, tu peux basculer vers l'ARE ou perdre tout droit à indemnisation. Le courrier de notification précise les voies de recours.

Les pièges à éviter

Les erreurs les plus fréquentes qui font perdre la prime de reclassement.

  • Piège n°1

    Croire que le cachet de la poste fait foi

    Faux. C'est la date de réception par France Travail qui compte. Si tu envoies par courrier, prends un recommandé avec AR et expédie au moins 5 jours ouvrés avant la date limite. Le plus simple : dépose directement en agence.

  • Piège n°2

    Compter sur ton conseiller pour te rappeler le délai

    Les conseillers France Travail gèrent un grand nombre de dossiers en parallèle, sur des dispositifs qui évoluent fréquemment. Le suivi du délai des 30 jours reste de la responsabilité du bénéficiaire. Note la date limite dès le premier jour de reprise d'emploi et programme une alerte à J+20.

  • Piège n°3

    Confondre prime de reclassement et IDR

    Les deux ne se cumulent pas. Faire le mauvais choix peut te coûter plusieurs milliers d'euros. Demande toujours une simulation des deux options avant de signer quoi que ce soit.

  • Piège n°4

    Penser que la promesse d'embauche suffit

    Tant que tu n'as pas commencé à travailler, le compteur ne tourne pas. Mais dès ton premier jour effectif, les 30 jours démarrent. La promesse seule ne fait rien partir.

  • Piège n°5

    Démissionner ou rompre la période d'essai sans réfléchir

    Si tu romps avant 3 mois, tu perds le second versement. Et si tu démissionnes d'un CDI, tu perds aussi tes droits ARE (sauf cas de démission légitime). Avant toute décision, prends conseil.

  • Piège n°6

    Oublier que la prime est imposable

    Elle n'est pas soumise au prélèvement à la source automatique, mais elle est bien soumise à l'impôt sur le revenu. Pense à la provisionner pour ne pas être surpris l'année suivante.

  • Piège n°7

    Confondre les 6 mois de contrat repris avec les 6 mois de petits boulots pendant le CSP

    Ce sont deux règles différentes. La prime exige un contrat unique d'au moins 6 mois (CDI, CDD ou intérim). Le cumul de petits contrats courts pendant le CSP, lui, est plafonné à 6 mois cumulés — ça reste compatible avec le CSP mais ça n'ouvre pas droit à la prime.

Si ta demande est refusée — les recours

En cas de refus de France Travail, plusieurs voies de recours sont possibles, à exercer dans l'ordre. Ne pas sauter d'étape : un dossier prématuré est renvoyé d'office.

Recours gracieux (réclamation)

Lettre formelle à France Travail demandant de réexaminer la décision de refus.

Quand
Première étape obligatoire dès réception du refus écrit.
À qui
Directeur de ton agence France Travail, par lettre recommandée avec AR.
Délai
À envoyer dans les 2 mois après le refus. France Travail a 2 mois pour répondre. Silence = rejet implicite.
Conseil
Joins tous tes écrits (synthèses, mails, contrat). Sois factuel, daté, précis.
Médiateur France Travail

Médiateur indépendant, compétent après épuisement des recours internes.

Quand
Après échec ou silence du recours gracieux.
À qui
Formulaire en ligne sur francetravail.fr, espace "Saisir le médiateur".
Délai
Réponse sous 3 mois en moyenne. L'avis est consultatif mais généralement suivi.
Conseil
Présente un dossier synthétique. Le médiateur cherche une solution amiable.
Contentieux

Recours juridictionnel devant le tribunal compétent, en dernier recours.

Quand
Si toutes les voies amiables ont échoué.
À qui
Tribunal compétent en matière sociale — un avocat peut identifier la bonne juridiction.
Délai
À vérifier avec un avocat selon ta situation et la date du refus.
Conseil
Vérifie ta protection juridique (assurance habitation, mutuelle) — elle peut couvrir les frais.

Et l'IPR (Instance Paritaire Régionale) ? L'IPR n'est pas une étape standard systématique. Elle n'est saisissable que si ton courrier de notification de refus le mentionne explicitement, avec les modalités de saisine. Vérifie ton courrier avant d'entamer cette démarche.

Dans tous les cas, documente chaque étape : dates, contenus, destinataires, réponses. C'est ce qui fait la différence entre un dossier solide et un dossier qui se perd.

Questions fréquentes sur la prime de reclassement CSP

Ce que les gens demandent le plus souvent sur internet.

Je peux toucher la prime si je passe à mon compte (auto-entrepreneur) ?

Non. La prime de reclassement exige une reprise en tant que salarié : CDI, CDD d'au moins 6 mois, ou contrat de travail temporaire d'au moins 6 mois. Si tu passes à ton compte, ce n'est pas un emploi salarié — tu ne remplis pas les conditions. Pour le passage en indépendant, regarde du côté de l'ARCE (Aide à la Reprise et à la Création d'Entreprise), qui est une aide spécifique à ce cas.

Combien je peux toucher au maximum ?

La prime est égale à 50 % de tes droits restants à l'ASP au moment de la reprise. Elle dépend donc de ton allocation journalière et du nombre de jours qui restent dans ton CSP. En pratique, elle varie entre quelques centaines et plusieurs dizaines de milliers d'euros. Pour te faire une idée, utilise l'estimateur rapide dans la section Montant.

Si je suis hors délai, j'ai toujours une chance ?

Oui, mais les chances sont réduites et le résultat n'est jamais garanti. Les voies de recours existent : recours gracieux, IPR, médiateur. Si tu as reçu des instructions écrites contradictoires de ton conseiller (mail, synthèse d'entretien), ton dossier est objectivement plus solide — c'est l'argument principal. Va dans la section "Hors délai" pour le détail des démarches.

Est-ce que la prime est imposable ?

Oui. La prime de reclassement est soumise à l'impôt sur le revenu. Elle n'est pas soumise au prélèvement à la source automatique — tu la déclares l'année suivante dans ta déclaration annuelle. N'oublie pas de la provisionner.

Et si mon CDI ne devient pas effectif (promesse d'embauche rompue) ?

Si la rupture intervient pendant la période d'essai d'un CDI, CDD ou CTT de 6 mois ou plus, tu peux demander à réintégrer le CSP pour la durée restante. Le délai est très court — contacte France Travail immédiatement. Si la rupture est due à une faute de l'employeur, d'autres recours existent en parallèle.

Le CSP peut être prolongé ?

La durée de 12 mois n'est pas prolongeable en tant que telle. Mais elle peut être reportée dans certains cas : reprise d'emploi de moins de 3 mois (report de 3 mois max), arrêt maladie (report de 4 mois max), congé maternité ou adoption. Ces reports permettent de bénéficier de la prime même si la reprise intervient après les 12 mois initiaux.

Je peux refuser le CSP après l'avoir accepté ?

Non. Le délai de réflexion de 21 jours est le seul moment pour refuser ou accepter. Une fois la signature apposée, l'adhésion est définitive. C'est pourquoi il est crucial de bien lire la notice d'information avant de signer — elle détaille l'ensemble des droits et obligations.

Que se passe-t-il si je suis en arrêt maladie entre les deux versements ?

Si l'arrêt survient après la reprise d'emploi (donc après le premier versement), ton contrat est toujours en cours — le second versement reste dû sur présentation du bulletin du 3ème mois de présence effective. Les règles peuvent varier selon le moment de l'arrêt — vérifie ta situation avec ton conseiller.

Si je démissionne entre les deux versements ?

Tu perds le second versement uniquement — le premier reste acquis. Attention : si tu démissionnes d'un CDI, tu perds également tes droits à l'ARE (allocation chômage classique) sauf cas de démission légitime reconnus par France Travail. Avant toute décision, prends conseil.

C'est quoi la différence entre 6 mois de CDD et 6 mois d'intérim pour la prime ?

Aucune pour ouvrir le droit à la prime. Les deux sont éligibles dès lors que la durée prévue au contrat atteint 6 mois. Le CDD est conclu directement avec ton nouvel employeur. L'intérim passe par une agence (le contrat de mission liant agence et entreprise utilisatrice). Ce qui compte pour la prime, c'est la durée — pas la forme juridique.

Comment je réintègre le CSP après une rupture de période d'essai ?

Si ton CDI / CDD / intérim de 6 mois ou plus s'interrompt pendant la période d'essai, tu peux demander à réintégrer le CSP pour la durée restante. Contacte ton conseiller France Travail tout de suite après la rupture — le délai pour faire la demande est très court. Tu repars sur le CSP avec l'ASP, sans repasser par un nouveau délai de 21 jours.

Glossaire CSP

Les sigles du CSP expliqués sans jargon.

CSP Contrat de Sécurisation Professionnelle
Dispositif d'accompagnement renforcé proposé aux salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises de moins de 1 000 salariés. Il remplace la période de préavis par un parcours de 12 mois financé, incluant une allocation spécifique (l'ASP) et un suivi intensif vers le retour à l'emploi.
ASP Allocation de Sécurisation Professionnelle
Allocation versée pendant le CSP, en remplacement de l'ARE (allocation chômage classique). Elle est égale à 75 % du salaire journalier de référence brut, contre environ 57 % pour l'ARE. C'est sur la base des droits restants à l'ASP que se calcule la prime de reclassement.
ARE Aide au Retour à l'Emploi
L'allocation chômage classique versée par France Travail, à ne pas confondre avec l'ASP. Pendant le CSP, c'est l'ASP qui est versée — pas l'ARE. Si tu refuses le CSP, tu touches l'ARE.
IDR Indemnité Différentielle de Reclassement
Aide mensuelle compensant la baisse de salaire si ton nouveau poste paie moins que l'ancien. Plafonnée à 50 % des droits restants à l'ASP, versée pendant 12 mois maximum. Non cumulable avec la prime de reclassement pour un même emploi.
ARCE Aide à la Reprise et à la Création d'Entreprise
Alternative à l'ARE ou à l'ASP pour les créateurs ou repreneurs d'entreprise. Verse les droits restants sous forme de capital (en deux fois : 45 % au démarrage, 45 % six mois plus tard). Incompatible avec la prime de reclassement CSP.
IPR Instance Paritaire Régionale
Instance de recours interne à France Travail, composée de représentants salariés et employeurs. Elle examine les litiges entre France Travail et les allocataires sur l'application des règles. Deuxième étape après le recours gracieux, avant le médiateur.
SJR Salaire Journalier de Référence
Base de calcul de l'ASP et, indirectement, de la prime de reclassement. Il est calculé sur les 12 derniers mois de salaire brut avant la fin du contrat, divisé par le nombre de jours travaillés. Un SJR élevé = une ASP journalière plus élevée = une prime potentiellement plus importante.
UNÉDIC Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce
Organisme paritaire qui gère le régime d'assurance chômage en France. C'est l'UNÉDIC qui rédige et publie les conventions CSP, qui font foi sur les droits et obligations des bénéficiaires.
PBI Pré-Bilan (entretien initial CSP)
Entretien obligatoire réalisé au démarrage du CSP pour faire le point sur le parcours du bénéficiaire, définir le projet professionnel et planifier les actions d'accompagnement.
PSP Plan de Sécurisation Professionnelle
Projet professionnel validé avec ton conseiller au début du CSP, qui définit le cadre de ta recherche d'emploi. La reprise doit correspondre à ce plan pour ouvrir droit à la prime.

Ressources officielles

Les sources sur lesquelles ce guide s'appuie. Consulte-les directement pour ta situation personnelle.

À propos du site

securisetoncsp.fr est un site indépendant à but informatif. Il rassemble en un endroit clair les informations essentielles sur le Contrat de Sécurisation Professionnelle, ses délais et la prime de reclassement.

Aucun lien avec France Travail ou l'UNÉDIC. Contenu informatif uniquement, ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation personnelle, consulter un avocat en droit social ou un conseiller France Travail.